Les particuliers s'expriment
Résultats du sondage européen BVA-QUALITEL
Enquête effectuée au printemps 2007 auprès de 1 000 personnes âgées de plus de 18 ans, dans chacun des pays suivants : Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne, Italie, et auprès de 500 personnes en France entre 30 et 60 ans. La parité hommes/femmes a quasiment été obtenue dans chacun des panels, ainsi que la représentation des différentes catégories socio-professionnelles avec des revenus allant de moins de 1 500 à plus de 3 500 euros. Les interviewés sont essentiellement des propriétaires de maisons en France et en Grande-Bretagne, d’appartements en Espagne et en Italie, les uns et les autres ayant été construits depuis plus de dix ans. L’enquête a été réalisée aussi bien au sein de grandes agglomérations que de communes rurales, réparties dans différentes régions de chaque pays.
Comment les européens considèrent-ils la qualité de leur logement ?
Différences observées entre les pays
L’Allemagne est sans aucun doute le pays qui a pris le plus d’avance, en terme de qualité des logements et maîtrise des consommations d’énergie et d’eau.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la France fait figure de bon élève du point de vue de l’intégration des préoccupations énergétiques et environnementales, tout en cherchant à préserver le confort.
L’Espagne et l’Italie présentent des avis partagés selon les personnes interviewées. On constate globalement, que dans ces deux pays, l’implication de l’État est moindre vis-à-vis de l’encadrement de la qualité des logements et de la maîtrise des consommations.
Même si les « éco quartiers » britanniques sont souvent cités en exemple, les anglais affichent des conduites moins engagées en comparaison de celles des autres pays étudiés.
Les principaux critères de qualité des logements en Europe
L’espace, le confort et l’aménagement intérieur sont les grandes priorités des européens en matière de logement, à l’exception des britanniques qui placent la situation géographique et le voisinage en tête de leurs préoccupations. La qualité technique des habitations arrive globalement à la 3e place des critères retenus par les Européens, il est à noter qu’en France, elle est même placée en 2e position. Tous les pays s’accordent sur l’importance de la qualité de la toiture, de la façade, des équipements de chauffage et de la robinetterie.
Perception de la qualité du logement des interviewés
Les allemands, les français et, dans une moindre mesure, les espagnols, ont une bonne opinion de leur propre logement. Les anglais et les italiens jugent plus sévèrement son niveau de qualité. Et dans l’ensemble, les propriétaires ont une opinion plus positive que les locataires. L’isolation acoustique est perçue comme mauvaise en Italie et en Espagne, alors qu’elle est jugée plutôt bonne en France. De même, nous notons dans ces mêmes pays, un niveau très faible sur l’isolation thermique, ainsi que les équipements économes. Il y a donc matière à agir sur ces sujets.
En Italie et en Espagne, la certification aurait son rôle à jouer car elle apporte la preuve de la qualité d’un logement. C’est un indicateur intéressant par rapport aux réflexions que le GROUPE QUALITEL mène en termes de partenariats avec ces 2 pays, dans le but de développer une activité de certification des logements, plus particulièrement sur des sujets peu traités par le législateur, comme par exemple, l’isolation acoustique.
L’Allemagne : un modèle à suivre
L’Allemagne est sans doute le pays qui a pris le plus d’avance en termes de qualité des logements et maîtrise des consommations d’eau et d’énergie. Environ 80 % des allemands interrogés estiment que l’isolation thermique et acoustique de leur logement sont performantes (67 % pour la France). De même en matière de travaux entrepris pour améliorer l’isolation, et d’investissements en équipements économes, les résultats allemands peuvent même représenter le double de ceux de leurs voisins européens. En outre, l’Allemagne peut servir de modèle pour la politique de certification que l’on pourrait mettre en place sur notre territoire. Il y a aussi des cas où l’Allemagne se situe en dessous des autres pays, notamment sur le respect des normes de construction.
Sur les travaux qui sont engagés par les particuliers dans leur logement
Nous nous apercevons que la préoccupation environnementale n’est pas nulle puisqu’elle représente en général 10 et 15 % des préoccupations mais c’est surtout la source d’économie qui intéresse les particuliers. En effet, 1 personne sur 2 déclare que les travaux d’isolation ou d’équipements entrepris avaient pour motivation la réalisation d’économies.
Travaux d’isolation ou d’équipements réalisés chez les interviewés
Parmi les travaux permettant de réduire les consommations d’énergie et par conséquent les émissions de gaz à effet de serre, les efforts des particuliers se portent en priorité sur des travaux d’isolation : murs, combles, fenêtres, portes... et nettement moins sur l’installation de nouveaux modes de chauffage économes en énergie, tels que le chauffage solaire ou les pompes à chaleur. Seule l’Allemagne a une longueur d’avance dans ce domaine.
Les gestes verts
Tous les interviewés se déclarent être sensibles à la nécessité de protéger l’environnement, les allemands en tête
et les anglais à la traîne. Même si une pratique des gestes verts se développe, elle doit néanmoins se généraliser
Les gestes pratiques pour préserver l’environnement
Préserver l’eau potable est l’enjeu le plus consensuel. 69 % des personnes interviewées sur l’ensemble des pays déclarent prendre des précautions pour ne pas la gaspiller. Parmi les équipements permettant d’économiser l’eau, les robinets sont les plus cités, notamment en Allemagne et en Italie : robinets économiseurs
d’eau, mitigeurs thermostatiques, réducteurs de pression, arrêt automatique..., ainsi que les chasses d’eau en particulier en Grande-Bretagne (mais peu en Italie). Les récupérateurs d’eau de pluie sont spécifiquement
cités en France et en Grande-Bretagne.
L’électroménager basse consommation d’eau est surtout choisi en Espagne et en Grande-Bretagne. De même, 64 % des interviewés, tous pays confondus, assurent qu’ils trient leurs déchets. L’Allemagne et la France sont les pays les plus assidus au tri sélectif et la Grande Bretagne celui qui le pratique le moins. L’ensemble des interviewés affirme éteindre les lumières lorsqu’ils quittent une pièce, jusqu’à 85 % pour les espagnols.
Acheter des équipements basse consommation d’énergie (ampoules, lampes, électroménager, blocs multiprises avec interrupteur...) est le geste le plus souvent cité pour économiser l’énergie, notamment en Allemagne (51 %) et en Italie (23 %). L’investissement dans des équipements de chauffage plus performants ou dans des systèmes de régulation/programmation est nettement moins envisagé.
Niveau d’information et intervenants
La grande majorité des pays s’estime suffisamment informée pour pouvoir se mobiliser et agir pour l’environnement (76 %), dans une moindre mesure en Espagne (63 %) où plus exactement les avis diffèrent beaucoup d’une personne à l’autre. L’enquête montre que les français et les allemands sont les mieux informés, en particulier les propriétaires, sur ce que comprend la qualité technique des logements, notamment comparativement à l’Espagne et à l’Italie.
La sensibilité à la certification
L’intervention d’un organisme impartial et indépendant est jugée par les français comme le plus apte et le plus crédible en matière de qualité technique des logements. Nous retrouvons cette perception en Allemagne et dans les pays anglo-saxons, qui sont des nations où la certification existe, contrairement à l’Italie et à l’Espagne. À l’inverse, dans ces deux pays, le référent en la matière est l’architecte.
Les enseignements de cette enquête pour le GROUPE QUALITEL
Par Antoine Desbarrières
« Sur le plan de l’activité de certification en France, nous devons continuer à travailler sur les sujets que nous traitons quotidiennement comme la thermique et l’acoustique. Vis-à-vis du particulier, il convient d’insister sur un message de confort et de « bien vivre chez soi » qui résultent d’une bonne qualité technique du logement. Valoriser l’apport des certifications par la notion de coût global. Car c’est par l’économie que l’on va inciter les particuliers à s’engager dans des travaux ou à acheter des logements performants. Autre enseignement concernant plus généralement l’Europe : suivre sur certains aspects l’exemple de l’Allemagne qui demeure la référence sur cette problématique de la qualité des logements et des comportements respectueux de l’environnement. Enfin, poursuivre les partenariats engagés avec les pays latins où il y a une réelle attente des particuliers pour que la qualité de leur logement soit mieux encadrée au travers des certifications comme cela a été le cas en France où QUALITEL a contribué à faire évoluer notamment la réglementation acoustique. »

